Carmen 1983

La version pour théâtre de Carmen a été conçue presque parallèlement au tournage du film de Carlos Saura. Le succès obtenu par ce dernier, qui a même surpris les propres artisans de ce miracle, a sans aucun doute encouragé Antonio Gades à réaliser la version pour le théâtre, chef d’œuvre de la danse espagnole qui est venu rejoindre son répertoire, qui possédait déjà deux œuvres d'un immense poids artistique, Bodas de Sangre et Suite de Flamenco.

 

Antonio Gades y Cristina Hoyos en Carmen
© Archivo FAG. La Habanera de Carmen.

 

La première parisienne en 1983 a connu un succès retentissant auprès de la critique et du public qui a définitivement placé Antonio Gades dans la sphère des plus grands danseurs et chorégraphes du monde.

Les motifs qui ont conduit Antonio à réaliser ce travail créatif sont résumés dans plusieurs idées qu'il a présentées lors des différentes conférences de presse qu’il a données. A son avis, Carmen n’est pas une femme frivole ni une mangeuse d’hommes, c’est une femme honnête qui dit quand elle aime et quand elle n’aime pas. C’est à dire: une femme libre. Je ne crois pas que ce soit ça une mangeuse d’hommes. Carmen a un concept de classe, elle n’avait pas de propriété privée sur ses sentiments. Quand elle aimait, elle le disait, et quand elle cessait d’aimer, elle le disait également. En outre, son concept de la liberté était tel qu’elle a préféré mourir que de la perdre. On l’a toujours traitée avec frivolité, et on l’a présentée comme une mangeuse d’hommes. Mais Carmen a quelque chose d'essentiel qui est très différent de tout ça : son concept de classe et sa noblesse.

Concernant le succès mondial de la version théâtre, Antonio mentionnait la critique en France, qui disait que Carmen a été emmenée en France par Mérimée, mais nous l’avons ramenée en Espagne. Carmen a presque toujours été traitée d’une manière assez superficielle et frivole, et le personnage de Carmen est beaucoup plus profond que cela. Le brillant danseur n’a pas hésité à dire que Carmen a été mal comprise, parce que quand l’œuvre a été écrite en 1837, cette femme a choqué les puritains et ceux qui n’arrivaient pas à voir qu’elle représentait la véritable émancipation de la femme. Don José est un fugitif, un bourgeois qui sort de sa classe et qui ne lui sera pas fidèle. Il a ce concept profondément enraciné de la propriété privée de l'amour. J’ai fait Carmen parce que je n'aimais pas cette fausse image stéréotypée qui consiste à dire que quand une femme aime, elle se donne sans réserve, qu’elle n’abandonne pas sa classe même si elle se trouve dans les sphères les plus élevées.

  1. En arrière-plan fermé l’Ouverture de Bizet
    Sur scène il y a de la lumière. Prêts pour la fin de l'ouverture.
  2. Guitares por soleá
    Quand le rideau s'ouvre, on voit la compagnie se préparer pour un cours. Le maître entre (Don José) et fait cours.
  3. Verde
    Lorsque les membres de la compagnie ont terminé, ils se détendent, et petit à petit ils retournent aux tables.
  4. Présentations Seguidillas (Bizet)
    Les personnages se présentent : le Torero, le Mari, Don José et Carmen. Après la présentation, Carmen reste au centre de la scène.
  5. Guajira
    Les femmes se promènent devant Carmen, indiquant la scène suivante.
  6. Usine de tabac Guajira et Tangos
    Carmen s’assoit, et les tangos commencent : Ne t’approche pas des buissons de ronces, N’embête pas Carmen: La dispute entre Carmen et Manolita commence.
  7. Dispute Soleá por Bulerías
    Le vrai début de la dispute est marqué par le changement de rythme. La fin est marquée par le coup de couteau.
  8. Carmen est arrêtée. Redoublement des guitares
    Les soldats arrivent. Don José arrête Carmen.
  9. Pas à deux Don José et Carmen. Adagio guitare
    Carmen fait des avances à Don José et il la libère.
  10. Don José est arrêté et Carmen se moque. Verde (Lorca-José Heredia)
    Don José est arrêté par un sergent, qui lui enlève ses galons. Carmen marche devant la prison avec un groupe d’amis, faisant la fête, en chantant le Verde.
  11. Prison. Adagio guitare
    Avec les chaises et les banquettes, les femmes font un lit, mettant en place le décor pour la scène suivante.
  12. Préparation du lit Verdial
    Avec les chaises et les banquettes, les femmes font un lit, mettant en place le décor pour la scène suivante.
  13. Pas à deux Habanera (Bizet)
    Don José et Carmen entrent en scène. Carmen emmène Don José vers la chaise, elle enlève son peigne devant le miroir, se prépare et va vers lui. Elle danse La Habanera. Final: sombre.
  14. Fête Fiesta por bulerías
    En quelques secondes, entre la fin du pas à deux et la lumière, la ronde de la fête est créée. Ordre des trépignements : femme, homme, femme. Don José et Carmen.
  15. Les Sujets: Seguidillas et Toreador (Bizet)
    La clôture de la chanteuse de flamenco, marque le début de la plaisanterie.
    1. Seguidillas: Carmen entre en scène avec son peigne et son châle. Un groupe d’hommes l’encourage de la voix et du geste.
    2. La Mariquita: Españolada sur le mode de la plaisanterie entre un homme et Carmen.
    3. La Faena de broma: Torero, taureau, cheval et picador mettent en scène une faena sur le ton de la plaisanterie. A la fin de la faena toute la compagnie se déplace vers le centre tout en huant le torero et le taureau en leur jetant des vêtements.
  16. Entrée Mari Zapateado
    Un zapateado marque l’entrée du Mari, tout le monde se tourne vers lui, tout le monde se regarde en se demandant de qui il s’agit, ils ne font pas attention à lui. Le Mari insiste, un chanteur de flamenco commence les sevillanas: Los amores son terribles. Tout le monde s’assoit.
  17. Triangle Torero - Don José - Mari. Adagio guitare
    Cet adagio montre l’attitude de chacun envers Carmen. La taverne est formée à la fin de cette scène.
  18. La taverne - Partie de cartes. Martinete
    Don José et le Mari jouent une partie, tandis qu’un martinete est chanté depuis une autre table. La partie se termine par une dispute.
  19. Dispute Mari et Don José Seguiriyas (rythme avec bâtons)
    Un groupe d’hommes munis de bâtons se forme pour accompagner la dispute entre Don José et le Mari. Don José est vainqueur. Carmen jette son alliance et s’en va avec Don José. On entend la chanson: El remedio. Obscur.
  20. Le Torero et Carmen. El Gato Montés (M. Penella)
    Une fête populaire où est dansé le pasodoble. L’arrivée du Torero est célébrée par tous. Il invite Carmen à danser et Don José l’éloigne de lui. Le silence règne. Deux groupes se forment.
  21. Les deux fêtes Sevillanas / Tangos
    Dans un groupe, il y a le Torero et dans l’autre Carmen avec Don José. Le premier chante des tangos, l’autre l’interrompt avec des sevillanas. Le groupe du Torero s’approche de l’autre et emmène Carmen qui chante le Verde. Don José les suit et emmène à son tour Carmen. La soleá entre et le triangle Torero - Don José – Carmen est formé.
  22. Duelo Torero / Don José Soleá / Mirabrás
    Le groupe du torero accompagne avec la danse soleá. Le groupe de Don José, le mirabrás. Carmen se rebelle, le public l’encourage de la voix et du geste. Don José l’emmène et le torero s’en va.
  23. Mort de Carmen. Fin de l’opéra (Bizet)
    Don José sort le couteau et, encouragé par tous, il tue Carmen. Les accords finaux de l’opéra marquent la fin du ballet.
Argument, chorégraphe, éclairage:
Antonio Gades et Carlos Saura
Mise en scène:
Carlos Saura
Ballet inspiré de l’œuvre de Prosper Mérimée
Musique:
Gades, Solera, Freire
Georges Bizet Carmen
M. Penella El gato Montes José Ortega Heredia/Federico Garcia Lorca Verde que te quiero verde
Musique enregistrée:
Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Thomas Schippers , avec Regina Rosnik, Mario del Monaco, Tom Krause.

Première absolue : 17.5.1983, Théâtre de Paris.

Durée 80 minutes sans entracte.

 

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