De Elda a Madrid 1936-1952

Mon père, qui est la personne que j'ai admirée le plus et qui m'a le plus influencé, m’a appris à respecter les autres.

Antonio Esteve Ródenas, dont le nom de scène est Antonio Gades, est né le 14 novembre 1936 à Elda, province d’Alicante. Il arrive à Madrid immédiatement après la guerre civile. Sa famille est une famille de travailleurs. Sa mère travaille dans l'industrie de la chaussure et son père, mosaïste, est un communiste convaincu qui rejoint les forces républicaines un mois avant la naissance d'Antonio. Son père laisse donc sa mère et le nouveau-né, Antonio, à Elda, pour se rendre à Madrid comme volontaire et rejoindre le bataillon d'octobre.

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Con Pilar López 1952-1961

Après avoir pris de cours auprès de Manolo Vargas, premier danseur de la compagnie de Pilar López, Pilar m’appelle à Madrid et m’embauche tout de suite, et je deviens le premier danseur de sa compagnie une année après, où j’ai interprété une grande partie de son vaste répertoire. C’est elle qui m’a donné le nom artistique de Gades. C’était une chance inespérée et ma vie a changé complètement d’horizon. Elle m’a donné des cours et enseigné des chorégraphies et c’est ainsi que j’ai appris. En neuf ans, j’ai visité les plus grands théâtres du monde, tout d’abord en tant que membre du corps de ballet de Pilar et ensuite en tant que premier danseur.

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Italia, Francia, Barcelona y Madrid 1961-1968

Dans les années soixante, j'ai commencé un voyage artistique qui m'a permis de forger mon propre style chorégraphique

ITALIE

Quand il quitte la compagnie de Pilar López, en 1961, Gades se rend à Rome pour collaborer à une chorégraphie du Bolero de Ravel, rien de moins qu’avec Antón Dolin, le danseur britannique d’origine irlandaise qui a chorégraphié en 1932 la première du Bolero au Sadler's Wells de Londres. Avec Pilar López, Gades a acquis une formation classique et apporte à Dolin son expérience de danseur espagnol. Dolin imagine les pas et Antonio leur donne du caractère.

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Del Flamenco a Bodas de Sangre 1968-1975

En 1969, il réalise la chorégraphie d’El Amor Brujo avec l’Opéra de Chicago. Il représente l’œuvre en France, Italie, Espagne, Japon, Etats-Unis, Maroc et Argentine, entre autre, avec sa propre compagnie, le Ballet d’Antonio Gades. Cristina Hoyos dansait déjà depuis un moment dans les fêtes et les tablaos de Séville et elle avait même fait une tournée aux Etats-Unis avec le ballet de Manuela Vargas lorsqu’Antonio Gades l’a vue se produire. A ce moment, presque immédiatement, Cristina Hoyos parcourt l’Espagne et le monde entier avec la compagnie d’Antonio en tant que première danseuse et ceci pendant vingt ans (1968-1988).

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Entre Altea y Cuba 1975-1978

Une année après son union avec Marisol, il présente son premier chef-d’œuvre, BODAS DE SANGRE. Avec cette œuvre, il avait pour intention de rendre hommage au poète, et il s’est rendu à Rome pour la première.

La préparation du spectacle, d’après Emilio de Diego, auteur de la musique, a lieu dans les studios Amor de Dios de Madrid, où Antonio avait collé une affiche sur la porte qui disait : entrée interdite à Emilio. La raison étant qu’il voulait d’abord réaliser le schéma de la chorégraphie à partir de l’adaptation pour ballet réalisée par Alfredo Mañas et incorporer la musique uniquement après.

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El Ballet Nacional Español 1978-1980

Je crois que nous avons la danse la plus merveilleuse du monde et qu’une politique culturelle pourrait faire beaucoup de choses...

En 1978, le directeur général de musique et théâtre, Jesús Aguirre, qui sera ensuite le Duque de Alba, nomme Antonio Gades, directeur du nouveau grand projet pour la danse espagnole, le premier de la démocratie. J’ai occupé ce poste pendant deux ans. Avant mon arrivée, il n’y avait rien. J’ai tout organisé : cours de danse, de chant, compagnie. Cela fonctionnait merveilleusement bien mais on m’a renvoyé pour des raisons politiques.

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La trilogía con Carlos Saura 1981-1990

Au théâtre, le spectateur a un angle de vision de 180 degrés, alors que le cinéma permet de voir à 360 degrés.

Licencié du Ballet National, Gades fonde avec d’anciens compagnons de sa compagnie et avec d’autres personnes incorporées au BNE, la GIAD. Le Groupe Indépendant d’Artistes de la Danse, une coopérative qui, pendant un an, diffuse le meilleur de la danse espagnole dans le monde entier. C’était un BNE alternatif. Typique d’Antonio. On ne m’a jamais instrumentalisé, ni pendant le franquisme ni maintenant. C’est pour cette raison que nous sommes la seule compagnie de ballet privée qui existe, et qui fonctionne comme une coopérative.

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La mar 1990-1993

Cuba n’est pas une aventure, c’est le port de ma vie.

L’avalanche de succès obtenus pendant l’étape Carlos Saura et le fait que deux femmes qui ont tant compté dans sa vie comme Cristina Hoyos et Pepa Flores ne sont plus avec lui, obligent Antonio, épuisé dans la course, de se retirer de la danse et de dissoudre la compagnie. Avec Daniela Frei, de qui il se sépare en 1993, il vit tranquillement, il navigue avec toujours dans la tête l’idée de revenir sur scène.

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Vuelta al ruedo 1994-1999

J'ai toujours aimé m'appuyer sur une œuvre littéraire. Pourquoi en inventer une, s'il y a beaucoup d'histoires merveilleuses dans la littérature ?

Après sa retraite de marin, Gades retourne sur le ring pour créer sa dernière œuvre. José Manuel Caballero Bonald lui avait déjà dit quinze ans plus tôt que le classique de Lope de Vega Fuenteovejuna s’adaptait parfaitement à ce qu’Antonio demandait au corps.

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Me iré como el viento 2000-2004

Antonio Gades se retire de la scène : en dansant Fuenteovejuna de Lope de Vega à Madrid. Il était le personnage principal, un jeune homme, et il devait aller à la rivière pour aller chercher la jeune fille qui était en train de se laver. Je m'agenouillais, je jouais avec elle, je me levais. Un jour, j'ai senti un bruit terrible à un genou. Et quand je me suis levé je lui ai dit : Je suis assez vieux pour t'acheter une machine à laver et te trouver un appartement, mais pas pour me rendre à la rivière. Et j’ai cessé de danser. Sur les dernières tournées de la compagnie, son rôle dans Carmen, Don José, et dans Fuenteovejuna, Frondoso, est dansé, avec grand succès par José Manuel Huertas.

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